Conformément à ce que nous avons rapporté le 15 décembre dernier, la Suisse a finalement décidé de réduire le nombre de nouveaux chasseurs furtifs F-35A qui seront achetés aux États-Unis pour renforcer sa Force aérienne, passant des 36 appareils initialement prévus à 30, comme cela a été annoncé récemment. La principale raison de cette décision réside dans l’augmentation importante des coûts associés au programme qui, selon le gouvernement suisse vendredi dernier, aurait nécessité un investissement supplémentaire d’environ 1,1 milliard de francs, dépassant largement le montant prévu lors des premières étapes du projet, dont les estimations tournaient autour de 6 milliards de francs.

Un caza F-35A de la Fuerza Aérea estadounidense
F-35A – USAF

En approfondissant certains aspects particuliers, il convient de souligner que Berne a maintenu une position ferme quant au respect des fonds budgétaires initialement prévus pour le projet tout au long des discussions sur le programme, dans la mesure où l’approbation de grandes acquisitions d’armement requiert l’aval à la fois du pouvoir politique et de la population ; laquelle avait déjà exprimé ses réserves concernant ce type de dépenses pour les F-35 de Lockheed Martin. La seule variation prévue par rapport au budget initial réside dans la nécessité de demander un crédit allant jusqu’à 394 millions de francs supplémentaires (environ 505 millions de dollars), ce qui a été accepté comme une variation liée aux coûts en fonction de l’inflation américaine et de l’augmentation du prix des matières premières.

Dans ce contexte, le gouvernement suisse a opté pour la réduction du nombre d’aéronefs acquis de six unités, cherchant à en faire une solution intermédiaire entre ce qui a été approuvé en termes budgétaires et les besoins du pays en matière de défense. Il convient de rappeler à ce stade que la Force aérienne suisse dispose d’une flotte déjà vieillissante d’avions F/A-18 C/D Hornet et F-5E/F Tiger II qui nécessitent un remplacement plus avancé, en particulier ces derniers puisqu’il est prévu qu’ils cessent leur service en 2027 ; une échéance pour laquelle l’on s’attendait déjà à disposer des premiers chasseurs furtifs d’origine américaine.

F-35A - USAF
F-35A – USAF

En tant que tel, le processus de sélection mené par le pays européen pour résoudre cette question s’est terminé par le choix du F-35 au détriment de la candidature de modèles fabriqués sur le continent, notamment les Eurofighter Typhoon et les Dassault Rafale qui avaient été promus il y a quelques années. Avec des prévisions de coûts situées autour de 5,48 milliards de dollars, l’achat suscitait déjà des critiques à l’époque en raison des coûts élevés associés aux besoins futurs de la plateforme pour garantir son opérativité, en tenant compte entre autres des paquets de mise à niveau correspondants et des travaux nécessaires pour que les bases suisses soient capables d’accueillir ces avions avancés.

Par ailleurs, d’un point de vue centré sur le niveau de préparation militaire, les analystes soulignaient que même avec ces coûts élevés il serait nécessaire d’acquérir un plus grand nombre de chasseurs afin de disposer d’une véritable capacité de dissuasion face à un environnement géopolitique plus complexe pour le pays, malgré son long historique de neutralité. Dans cette perspective, des rapports analysés par le gouvernement suisse indiquaient qu’il serait nécessaire d’acquérir entre 55 et 70 aéronefs (à l’époque où le modèle n’était pas encore défini), ce nombre étant considéré comme plus raisonnable pour pouvoir satisfaire aux exigences stratégiques. Il reste encore à savoir, face à ce scénario, si le pays cherchera finalement à atteindre ce nombre final par l’acquisition d’un modèle complémentaire au F-35, moins coûteux.

*Images utilisées à des fins d’illustration.

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